Projet "Agora", et si on rendait plutôt la ville accessible à tous?

Projet « Agora », et si on rendait plutôt la ville accessible à tous ?
Le plan d'extension de la dalle à coté de l'AULA MAGNA avance bon train. Il est maintenant devant la commune qui doit accorder le permis de bâtir. Pour rappel ce projet comprend principalement un hôtel trois étoiles et des appartements de luxe (à vendre à 4000€ le mètre carré). Le tout situé en plein centre ville, quasiment sur la Grand-Place.

Nous comprenons que le coût d'extension de la dalle est si grand que l'UCL a peu de marge de manoeuvre pour choisir qui y investit. Toutefois, l'affectation de ces nouvelles constructions est problématique à nos yeux. D'abord le caractère très « select » du complexe : il vise une clientèle fortunée, qui a à sa disposition des moyens financiers clairement au-dessus de la moyenne. La déjà quasi absence de mixité sociale à Louvain-La-Neuve va donc se voir renforcée. D'autant plus que ce type d'initiative risque de tirer les prix à la hausse de manière plus globale : les restaurants ou les magasins s'adaptant naturellement à la nouvelle clientèle.

Maryline Ledoux, présidente du Syello (Syndicat des étudiants locataires) abonde dans ce sens « la tendance actuelle des nouvelles constructions sur Louvain-La-Neuve est clairement le logement de luxe. Cela est réellement problématique et nuit à l'accès à la ville pour tous. »

Ensuite le complexe ne comprend aucune infrastructure étudiante ou universitaire. Alors que le centre ville est aussi le centre névralgique de l'université, cette dernière se prive d'un espace pour des locaux, des auditoires ou des kots. Dans un contexte de saturation généralisée que connaît l'université actuellement, se priver de possibilités d'extension pose pour le moins question.

Enfin, un dernier argument en défaveur du projet est celui concernant l'esprit du centre ville. Ce qui fait une des forces de Louvain-La-Neuve, c'est son dynamisme sans égal pour une ville aussi petite : concerts, festivals, tournois sportifs, foires en tout genre,... La plupart de ces activités ont lieu sur la Grand-Place. Pour combien de temps, celles-ci seront-elles encore tolérées avec un hôtel de haut standing juste à côté ? Nous ne voulons pas que Louvain-La-Neuve devienne une ville aseptisée. Nous voulons que demain des activités étudiantes originales y soient toujours réalisables et que la possibilité d’événements en soirée ne soit pas petit à petit supprimée.

Qu'aurions nous voulu pour cet endroit ? Nous aurions aimé des kots publics et de qualité, l’AGL et le Syello ont en effet régulièrement souligné le manque de logements à des prix accessibles et en bon état. Nous aurions préféré que la réponse au problème de logement pour les activités académiques (organisation de colloques et autres) vienne d'une initiative interne comme cela était le cas avant quand l'UCL possédait son propre service (« le Relais » maintenant fermé).

Nous voulions donc rappeler notre opposition à la tournure qu'a prise ce projet. Celui-ci ne correspond pas au Louvain-La-Neuve que les étudiants veulent. « Ce n'est pas contre l'extension de la dalle en soi que l'on se positionne mais bien contre le type d’extension choisi. Celui-ci ne correspond pas aux critères de durabilité et de diversité qui nous sont chers » ajoute Clarisse van Tichelen de l’Assemblée Générale des étudiantes de Louvain (AGL).

Contacts presse
Maryline Ledoux ■ présidente Syello ■ 0473/51.55.92 
Clarisse Van Tichelen ■ vice-présidente AGL ■ 0496/39.78.76